jeudi 18 avril 2013

Vivre mieux… pour un temps


Un vieux sage a dit un jour : « Il n’y a pas de mal à se faire du bien ». Les Québécois l’ont bien compris. Nous savons profiter du moment présent. Nous n’hésitons pas à dépenser pour nos voyages et loisirs. Nous sommes les champions de l’humour. Les Américains qui viennent nous visiter découvrent chez nous « La joie de vivre ».

Dans Le Québec économique 2011, Luc Godbout et Marcelin Joanis, lèvent le voile sur une étude internationale qui permet de comparer, à l’échelle internationale, le niveau de bien-être des populations. L’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) a bâti un indice Vivre mieux qui, au moyen d’une vingtaine d’indicateurs, classe les 34 pays membres de l’OCDE.

Et, vous savez quoi ? Le Québec se classe toujours dans les trois premiers rangs, avec l’Australie et le Canada, sur chacun des 20 indicateurs formant l’indice Vivre mieux.

Au fil des années, les économistes et politiciens nous ont souvent répété qu’il ne fallait pas s’en remettre uniquement au Produit intérieur brut (PIB), ce demi-dieu des économies occidentales, pour mesurer la performance relative d’un pays. Le Québec se classe en 20ième position sur 34 pays sur l’échelle du PIB.

Rappelons-nous notre ancien ministre des finances du Québec, Raymond Bachand déclarant, en marge de son budget 2010: « L'important, ce n'est pas d'équilibrer le budget. L'important, c'est d'être heureux comme peuple ». Ça lui avait valu l'épithète de Ministre du Bonheur.

En fait le PIB indique, dans une certaine mesure, la richesse d’une nation, en mesurant la production. On nous répète qu’il faut créer de la richesse (et la capter) avant de la répartir. Alors, il ne faut pas larguer le PIB, même si d’autres indices, tel l’indice Vivre mieux, nous donnent un portrait plus juste du niveau et surtout de la qualité de vie.

Les auteurs Luc Godbout et Marcelin Joanis formulent, par contre, une mise en garde :

Aucun indicateur ne tient compte de la capacité des États à soutenir le bien-être de leur population à long terme.
Au premier chef, la pérennité du niveau de bien-être mesuré aujourd’hui au Québec dépend de la préservation de la capacité d’intervenir de l’État, qui à son tour passe par des finances publiques soutenables à long terme. Bien que le PIB soit un indicateur insatisfaisant de la mesure du bien-être, il demeure exact qu’une croissance soutenue du PIB est le premier déterminant des revenus de l’État et, partant, de sa capacité d’action.

Ceci nous conduit à une question bien légitime : Comment expliquer que le Québec se retrouve dans le Top 3 des pays de l’OCDE, quant au bien-être de sa population et sous la moyenne, quant au niveau de vie mesuré par la richesse ?

J’avance, pour votre réflexion, les pistes suivantes :
  •  Le Québec, comme société, vit au-dessus de ses moyens : dette brute et dette nette du Québec plus élevée que les autres provinces canadiennes ;
  • Le Québec bénéficie de la péréquation canadienne, pour un certain temps encore, de par son statut de province relativement pauvre ;
  • Le Québec est une société plus égalitaire (redistribution des revenus) que les autres provinces ce qui accroît, sans doute, le niveau de bien-être ;
  • Les Québécois épargnent moins que la moyenne canadienne.
Les constats dressés cette semaine par le Comité D’Amours sur les retraites au Québec vont dans le même sens. On vit sur du temps emprunté… et surtout des contributions $$$ empruntées aux générations futures.

On peut, comme individu, vouloir maintenir notre niveau de vie, notre Vivre mieux. C’est très légitime. On se doit, par contre, comme société, de nous assurer que c’est soutenable à long terme. Là-dessus, difficile de s’en remettre à nos gouvernements qui, jusqu ‘à maintenant, ont pratiqué avec brio les disciplines de l’aveuglement volontaire et du pelletage par en avant.

Au plaisir de lire vos commentaires.

Normand de Montigny

« Entreprendre, encore et toujours »



 


 

 

mercredi 23 janvier 2013

Une retraite à deux vitesses










Soyons clairs dès le début : Je suis en faveur des régimes de retraite à prestations déterminées, qu’ils soient publics ou privés.

Il s’agit là d’un très bon moyen de s’éviter une retraite cahoteuse et même pire de terminer sa vie dans la pauvreté. C’est un formidable incitatif pour l’épargne et la responsabilisation face à son avenir.

Je suis tellement en faveur que je crois que, dans un monde idéal, tous les travailleurs québécois devraient y avoir droit. D’autant plus que nous sommes, pour plusieurs (ce qui m’exclut), hédonistes et préférons tout dépenser à mesure, sans se soucier du lendemain. (Ce sera là le sujet d’une autre publication bientôt).

Ceci étant dit :

J’ai un problème avec les régimes débalancés, ceux où la contribution des employeurs, publics ou privés, dépasse le 50% des contributions totales. C’est une question d’équité entre l’employé et le propriétaire ou l’actionnaire de l’entreprise (le contribuable dans le cas d’une administration publique). L’effort d’épargne en vue de la retraite devrait reposer pour moitié sur l’individu. Ce principe du 50% - 50% devrait également s’appliquer dans le partage des surplus ou des déficits actuariels de ces régimes. Sans cet équilibre
(50% employé – 50% employeur), il devient trop facile, pour l’employé (son syndicat) de continuellement négocier une bonification de régime et tout aussi facile, pour l’employeur, de consentir et d’acheter la paix. C’est l’histoire des trente dernières années au Québec.

J’ai un gros problème avec les régimes sous-capitalisés. Sans entrer dans les détails sur les différents indicateurs, il me semble qu’un régime doit rechercher une pleine capitalisation pour répondre à ses engagements, de façon à éviter de pénaliser les générations futures. Les régimes du secteur public québécois (incluant les municipalités) affichent un déficit actuariel de 34 milliards de dollars.

Vous aurez sûrement deviné que j’ai un très gros problème avec les régimes du secteur public qui sont à la fois débalancés et sous-capitalisés. Ces régimes créent deux classes de citoyens (une retraite à deux vitesses) en plus d’être foncièrement inéquitables envers les générations futures. On demande à des contribuables actuels et futurs qui, pour une large majorité d’entre eux, n’ont pas accès à un régime à prestation déterminée, de contribuer à plus de 50% à un régime réservé aux employés du secteur public.


Pour moi, la question n’en est pas une de « Tout le monde devrait être égal ». Il s’agit plutôt d’une question d’équité entre classes de citoyens et entre générations.

Un sujet chaud en 2013


Les régimes de retraite : ce sera le sujet politique # 1, au Québec, en 2013.

Pourquoi ? Parce que les municipalités sont aux prises avec un véritable mur budgétaire. Aussi, parce que le Comité gouvernemental des régimes de retraite du Québec, présidé par Alban D’Amours, déposera son rapport au cours des prochains mois. Mais surtout, parce qu’il ne sera plus possible de cacher l’ampleur du problème.

Pour le moment, on pratique une de nos disciplines favorites au Québec, celle de l’aveuglement volontaire :

  • On étire la sauce : on donne un délai de 10 ans pour corriger le déficit actuariel des régimes (on appelle ça du lissage) ;
  • On fixe un taux de rendement futur trop optimiste pour les régimes, de telle sorte qu’on sous-évalue délibérément la correction à appliquer.

Syndrome de la cage dorée


Combien de fois j’ai entendu des travailleurs des secteurs publics et privés, très malheureux, se plaindre de leurs conditions de travail et des impacts sur leur santé et avouer leur complet désintérêt pour leur métier ou leur profession. Je leur demandais naïvement : Mais pourquoi ne pas tout simplement changer de travail et d’employeur ? La réponse invariable : Je ne peux quitter, car je perdrais mes droits à une pleine pension (prestation déterminée). Et, tout comme des prisonniers, ils comptent les années, les mois, les semaines, les jours et les minutes avant la libération ou la retraite tant convoitée. C’est ce que j’appelle le Syndrome de la cage dorée.

Des éléments de solution


Pourquoi, me direz-vous, ne pas, tout simplement, bonifier le Régime des rentes du Québec comme le suggèrent certaines centrales syndicales ? Tout simplement parce qu’il serait très dangereux de mettre tous ses œufs dans le même panier. Rappelons-nous, que de tout temps, les gouvernements québécois ont fait pression sur la Caisse de dépôt et placement (qui gère une grande part des fonds de retraites publics) pour investir dans des opérations défensives - nationalistes (Vidéotron, Gaspesia, bientôt RONA ?) avec les résultats que l’on connaît. C’est sans compter que la Caisse de dépôt n’est pas à l’abri de mauvaises performances (recul de 25% ou 40 milliards de dollars en 2008). Il est bien possible également que, dans un avenir pas si lointain, la Caisse de dépôt soit appelée à acheter beaucoup plus de titres de dette du Gouvernement du Québec, à des taux très bas. Regardez ce qui se passe actuellement aux Etats-Unis et en Europe où cette stratégie est largement utilisée par les banques centrales.

Je ne crois pas détenir la solution, mais il me semble que quelques pistes se dégagent :

  • Les régimes à prestations déterminées ne pourront livrer leurs promesses. Il faudrait donc les convertir progressivement vers des régimes à cotisation déterminée ;
  • La nécessité, pour les travailleurs non couverts par un régime à prestation déterminée, de contribuer davantage en vue de leur retraite ;
  • Étendre la formule du Compte de retraite immobilisé (CRI) qui permet à l’employé de cristalliser les contributions de l’employeur et les siennes et de les mettre de côté à chaque fois qu’il change d’employeur ;
  • Proposer une formule de régime à cotisations déterminées où les contributions de l’employé seraient doublées par l’employeur jusqu’à un niveau combiné maximal de 16%. Ce serait là un formidable incitatif à l’épargne. Ce régime pourrait être géré par des gestionnaires privés à l’abri des influences politiques.

Le retour de l’esclavage ?


De plus en plus, les autorités gouvernementales font pression sur les travailleurs du secteur privé pour qu’ils retardent le moment de leur retraite. La pression s’est intensifiée, du côté du Québec, depuis que le Gouvernement Harper a modifié le Régime de pension du Canada en portant à 67 ans l’âge normal de la retraite. On comprend la préoccupation du Gouvernement du Québec qui devra supporter pendant 2 ans de plus (De 65 à 67 ans), les prestations de sécurité du revenu de milliers de Québécois.

Pourtant, du côté du secteur public, aucun changement de ce type n’est prévu. Pas question de reculer l’âge de la retraite. Au contraire, on négocie actuellement, avec les ambulanciers, une bonification du régime de retraite, avec pour objectif de réduire l’âge normal de la retraite. Deux classes de citoyens, deux mondes parallèles.

De nombreux travaux (CIRANO, 2010; Kieran, 2001) soulignent le fait que les travailleurs du secteur public sont davantage susceptibles de se retirer plus tôt du marché du travail, grâce, notamment, à la présence d’un régime de retraite qui offre de meilleurs avantages que ceux dont peuvent bénéficier leurs homologues du secteur privé. Il ressort de la présente étude (Statistique Québec) que parmi les employés du secteur public québécois ayant pris leur retraite en 2009 ou en 2010, 57 % ont moins de 60 ans. Ce taux est presque deux fois plus élevé que ce qui est noté dans le secteur privé (incluant les travailleurs autonomes). Ce résultat contraste nettement avec ce qui est observé en Ontario et dans l’Ouest canadien, puisque plus de 6 nouveaux retraités sur 10 provenant du secteur public n’ont quitté leur dernier emploi qu’à 60 ans ou plus.

Tout se passe comme si on demandait, avec une certaine insistance, aux employés du secteur privé de prolonger, de quelques années, leur prestation de travail pour permettre à un groupe privilégié de maintenir des conditions démesurées et intenables. Est-ce un retour progressif vers l’esclavage qui a pourtant été aboli en 1834, au Canada et dans tout l’Empire britannique ?



Au plaisir de lire vos commentaires.

Normand de Montigny

« Entreprendre, encore et toujours »








jeudi 3 janvier 2013

Jour de la Fierté parentale

 











Jour de la fierté parentale

Nous vous mettons au défi de trouver une seule journée ou une semaine qui n’est pas officiellement dédiée à une cause, une organisation ou un groupe de la société. Tout y passe, tout est important et forcément, dans une telle cacophonie, quelquefois l’essentiel nous échappe.

Les mères et les pères ont bien sûr leur journée en mai et en juin. Les enfants, du moins ceux en bas âge, sont exposés à une pléthore d’activités, d’événements, tous plus commerciaux les uns que les autres.

Bien sûr, les parents de jeunes enfants ne manquent pas une occasion d’exprimer leur fierté devant les progrès et les exploits quotidiens de Junior. C’est naturel pour les parents et c’est essentiel au développement de l’enfant, surtout dans la construction de l’estime de soi.

Mais qu’en est-il de nos enfants devenus grands ? Et quand nous disons « grands », ça n’a pas de limite dans le temps. Prend-on vraiment le temps de leur exprimer notre admiration, notre fierté devant leurs accomplissements, devant leur persévérance, devant leur résilience dans un monde de plus en plus exigeant, de plus en plus instable ?

Quand nos enfants étaient jeunes, nous avions créé une journée spéciale à leur intention. En fait, ce jour-là, le 26 décembre, ils étaient maîtres de l’agenda et nous, les parents, suivions. C’était une belle tradition. Ça se gère jusqu’à l’âge de 10 à 12 ans…. Après, nous ne vous le conseillons pas.

Aujourd’hui, 29 décembre 2012, nous lançons la première édition de notre « Journée de la Fierté parentale ». Cet événement, très privé, se veut l’occasion de témoigner de notre fierté à l’égard de nos enfants, de souligner les qualités qu’on leur reconnaît et de renouveler notre confiance en eux et notre amour.

Par ricochet, ça rejaillit sur nous, les parents. Ben oui, d’où pensez-vous qu’ils tirent tout ce potentiel, toutes ces qualités ? Des parents, bien sûr ;). Un vieux sage a dit un jour :
« L’éducation d’un enfant commence 20 ans avant sa naissance ». En fait, c’est tout le bagage (les valeurs, l’éducation reçue) des parents qui constitue le terreau dans lequel la personnalité de l’enfant s’affirmera. Oui, mais ce bagage des parents, on le doit à leurs parents à eux…. Ok, on s’égare là !

Louise et Normand de Montigny

29 décembre 2012

vendredi 21 décembre 2012

Gestion de crise 101


En 2009, alors que je visitais un partenaire d’affaires en Chine, la question de la crise économique se pointa au centre de nos échanges. Mon interlocutrice, une jeune dirigeante d’un incubateur d’entreprises, me révéla qu’en Mandarin, on utilise deux signes pour écrire le mot « Crise ». Ces deux signes représentent les mots
« Danger » et « Opportunité ».

Au moment où nous vivons une période de changements profonds, voire une 2ième Renaissance , cette sagesse chinoise est plus que jamais d’actualité.

Danger :           Agir de façon responsable, faire preuve de résilience et de solidarité.

Opportunité :    Investir en soi et faire preuve de créativité et d’entrepreneurship.

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En ce lendemain de « fin du monde » évitée et à l’approche du Nouvel An, je vous propose les réflexions de deux de mes auteurs favoris.

D’abord David Descôteaux, un des chroniqueurs économiques les plus lus au Québec. En septembre dernier, à la veille des élections, il nous proposait rien de moins que de voter pour nous-mêmes individuellement et d’établir notre plan.

Votre plan


En santé. Comment ferez-vous pour éviter de vous retrouver dans ces satanées urgences? Pour éviter d’alourdir notre système déjà surchargé? Car ne vous fiez pas sur nos politiciens pour réduire les files d’attente. Ils ont prouvé leur incapacité au fil des ans. Allez-vous commencer à manger mieux? Vous allez pratiquer un sport cet automne? Côté responsabilité individuelle, y a quoi dans votre programme?

En économie. Votre cadre financier à vous, il ressemble à quoi? Comment allez-vous équilibrer VOTRE budget? Plus de revenus? Moins de dépenses? Quelles mesures proposez-vous pour vous sortir du piège de l’endettement? Pour vous guérir de cette envie de toujours acheter la dernière bébelle en vogue? Allez-vous implanter le déficit zéro cette année? Et attention, pas de truquages de chiffres!

Au travail, promettez-vous de l’obtenir cette année, cette fichue promotion? Aucun politicien ne le fera pour vous. Vous avez une PME? Vous proposez quoi, pour augmenter vos profits? Et ce ménage dans vos dépenses, que vous promettez à vous-même tous les quatre ans… Cette fois, on veut des engagements fermes!

En éducation. Prenez-vous l’engagement de mettre à jour et parfaire vos connaissances? Allez-vous consacrer du temps, chaque semaine, à l’apprentissage d’un métier complémentaire au vôtre? Dans ce monde sans pitié, qui bouge si vite, vous devez être employable. Avoir plusieurs cordes à votre arc. Ce n’est pas un politicien, ni un chèque, qui va vous aider pour ça. C’est dans votre programme, ça aussi?

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En deuxième partie, Jacques Attali, auteur, professeur, éditorialiste, conseiller politique. Il publiait, en 2009, « Survivre aux crises » .


Ce guide de survie propose, en plus des sections s’adressant aux nations ou aux entreprises, un chapitre dédié aux personnes. En fait, crise ou pas crise, ce qu’il propose est un programme, un plan de vie qui vaut le détour. Je vous suggère de lire le livre en entier, mais à défaut, je vous résume les sept principes suivants.


Sept principes


Le respect de soi

C’est d’abord se responsabiliser, ne pas tout remettre entre les mains du destin ou du karma. D’une certaine façon, c’est croire en nos possibilités, avoir envie d’être fier de soi.

Donner de l’intensité au temps

Survivre aux crises, c’est prendre grand soin de son corps et de son esprit, ce qui rejoint les consignes du respect de soi. C’est se doter, à échéance de 20 ans au moins, d’un projet de vie tant personnel que professionnel. C’est aussi vivre intensément chaque instant.

Se faire une idée personnelle du monde par l’empathie

Pour survivre, dans un monde en profonde mutation, il faut savoir scruter et comprendre son environnement. Chacun doit se faire une opinion personnelle sur les menaces et opportunités qui se présentent sur son chemin. L’empathie consiste à se mettre à la place des autres pour mieux anticiper leurs réactions.

Être capable de résister à une attaque : la résilience

C’est savoir réagir rapidement à un choc professionnel ou sentimental. La résilience, c’est savoir rebondir, compter sur un plan B. Elle conduit à vérifier sa propre capacité à ne pas dépendre, en cas de crise, d’un seul métier, d’une seule formation, d’une seule compétence, d’un seul lieu de vie ou de travail, d’une seule source de revenu ou d’emprunt.

Détourner toute menace en opportunité : la créativité

C’est un peu la technique du Judo : c’est se servir de la force de l’adversaire (la menace) comme levier pour la transformer en opportunité. Un échec peut devenir l’occasion de changer de vie pour mieux servir sa raison de vivre. Inventer, rompre, se transformer, autant d’actions à mettre de l’avant pour retrouver un nouvel équilibre.

Ne pas se contenter d’une seule identité : l’ubiquité

Si l’on n’arrive pas à transformer la menace en opportunité, alors il reste à décamper. L’ubiquité exige de vivre le plus léger possible, de ne s’encombrer d’aucun bien sédentaire, de n’accumuler qu’idées, expériences, savoirs, relations, biens et fortunes nomades. C’est la fuite organisée et une certaine forme de renonciation à ses valeurs.

Penser révolutionnaire

Si rien de ce qui précède ne suffit à assurer la survie, alors il faut se tenir prêt à rompre avec tous les principes et paradigmes et à penser le monde autrement. C’est de l’imagination rebelle et de la remise en question que se nourrit la capacité à débusquer les vrais problèmes et à trouver les vraies solutions. La révolution peut nous amener à retrouver notre accord avec notre raison de vivre.
           
Au plaisir de lire vos commentaires.

Normand de Montigny

« Entreprendre, encore et toujours »







mardi 4 décembre 2012

Vis ta Renaissance

 











Comme dirait Yvon Deschamps : « Un vieux cliché m’a dit un jour : La seule vraie constante, c’est le changement ».

Mais ne trouvez vous pas que nous sommes particulièrement gâtés, depuis quelque temps, en matière de changement ? Nous semblons vivre une accélération de tous ces changements.

Nous perdons plusieurs de nos repères, avant d’avoir localisé les nouveaux.

Tout se passe comme si nous vivions une époque charnière. Nous quittons un monde, une époque, pour entrer dans un autre.

En fait, si nous avions la possibilité de nous élever un peu (je sais, ce n’est pas donné à tout le monde) et que nous décollions notre nez du téléjournal ou du dernier tweet, nous aurions la surprise de constater que, tout comme Leonardo Da Vinci (1452-1519), nous vivons en pleine Renaissance.

Pas besoin d’attendre qu’un historien du XXIIIième siècle le déclare avec 200 ans de retard. Nous avons la chance inouïe de vivre en plein cœur d’une Renaissance, ce qui ne s’était pas produit depuis plus de 500 ans.

Selon l'historien René Rémond, une « Renaissance » se caractérise par :

      • L'apparition de nouveaux modes de diffusion de l'information;
      • La lecture scientifique des textes fondamentaux;
      • La remise à l'honneur de la culture antique (littérature, arts, techniques)
      • Le renouveau des échanges commerciaux;
      • Les changements de représentation du monde.
Cette 2ième Renaissance, c’est la période charnière qui nous mènera, d’une ère d’industrialisation débridée et de croissance à tout prix, à une ère de développement durable.

Cette 2ième Renaissance s’est pointé le nez en 1972 (Ne me demandez pas l’heure et le jour) et pourrait, tout comme la première, s’étendre sur une centaine d’années.

Mais que s’est-il donc passé en 1972?

En fait, un tourbillon d’événements qui ont profondément positionné la suite des choses :

      • Rapport du Club de Rome « Halte à la croissance » suivi, en 1987, du rapport Bruntland « Notre avenir à tous »;
      • Naissance du InterNet Working Group, organisme chargé de la gestion d’Internet;
      • Rétablissement des relations diplomatiques entre la Chine et les USA (Visite du Président Nixon en Chine);
      • Signature d’un premier traité URSS - USA sur la limitation des armements nucléaires;
      • Premier séquençage d’un génome, celui du virus MS2.
Greenpeace, s’inspirant du Commandant Cousteau, avait vu le jour en 1971. Les révolutionnaires Microsoft et Apple ont suivi en 1975 et 1976.

Tout était en place pour entreprendre une formidable odyssée culturelle, scientifique, commerciale et politique.

Tout se passe comme si, en 1972 (ou autour de), les plus éveillés d’entre-nous avaient soudainement réalisé que l’Homme n’était pas le Propriétaire, mais plutôt un Locataire, parmi d’autres, de notre planète.

Et quel locataire !!! Il laisse couler l’eau, surchauffe l’appartement, ne se ramasse pas et ne paye pas le véritable prix du loyer. En fait, l’Homme est un locataire, qui vit sous la menace d’une expulsion. C’est sans doute ce qui le sauvera en bout de piste.

J’ai tenté de détecter qui étaient les Leonardo Da Vinci de cette 2ième Renaissance. Pas facile. Robert Lepage, Bill Gates, Peter Ware Higgs, Richard Branson, Steve Jobs, Michael Jackson, Mikhaïl Gorbatchev en sont sûrement. Vous en connaissez sans doute plusieurs autres qui ont contribué, à leur façon, à changer notre représentation du monde.

Nous vivons une époque exaltante, pleine de progrès, d’enjeux et de promesses. Nous sommes privilégiés d’en faire partie.

Aux prophètes de malheur qui nous prédisent la Fin du monde pour le 21 décembre 2012, je vous réponds ceci : Nous vivons une Renaissance; un monde finit et un nouveau est en formation. C’est bien ainsi.


Au plaisir de lire vos commentaires.


Normand de Montigny

« Entreprendre, encore et toujours »








lundi 19 novembre 2012

Le véreux, le rusé et le valeureux

 



La chaîne alimentaire du Québécois : Qui bouffe Qui



Les récents événements, Printemps « érable » et Commission Charbonneau, ont mis en vedette des individus qui occupent une place de choix dans la chaîne alimentaire du Québécois.

Il y a toujours quelqu’un, de plus fort, de plus vite, de plus rusé, pour vous bouffer, sauf pour celui qui occupe le plus haut rang dans la chaîne alimentaire. Tout au bas de la chaîne, on retrouve, en très grand nombre, de petits organismes dont le destin est de travailler, de payer des impôts et de mener une vie heureuse, jusqu’au moment où son prédateur y mettra fin.

Le Véreux (Grand requin, Thon, Espadon)

Tout en haut de la chaîne alimentaire, le Véreux.

Dans cette catégorie on retrouve le Grand requin. Un Vincent Lacroix ou un Earl Jones, à vous de choisir. Foncièrement malhonnête, il empoche sans scrupule et sans distinction. Le remords, il ne connaît pas. La sentence est minime, du moins au Québec. Il faut être prêt à passer 2 ou 3 ans dans un établissement fédéral. Évidemment, vous aurez mis à l’abri vos millions détournés, qui vous attendront à la sortie. Il y a quelques contraintes, mais vous serez logé, nourri et habillé gratuitement et, si vous tombez malade, vous serez traité en priorité à l’urgence de l’hôpital du coin et aurez droit à une chambre privée.

D’une gourmandise sans retenue, le Thon, c’est l’entrepreneur en construction (inclut les firmes de génie conseil) qui truque les appels d’offres. Il fait monter le prix des contrats de 30 à 35%, ce qui lui donne une bonne marge de manœuvre pour exprimer sa générosité (celle du contribuable floué) envers ses « amis » fonctionnaires et politiciens corrompus. Pour certains d’entre eux, il y a un moment désagréable à passer devant la Commission Charbonneau, mais ça donne droit à une invitation de Guy A. Lepage (Tout le monde en parle) où on vous applaudira chaleureusement. Qui sait, on vous réinvitera peut-être pour le lancement de votre livre (succès d’édition garanti).

L’Espadon, a de la classe. Il sait apprécier les bonnes choses : billets d’hockey, parties de golf dans le Sud, bons repas au restaurant, bouteilles de vin livrées à domicile, contributions en cash, etc. Vous aurez reconnu notre fonctionnaire corrompu. Bien que bénéficiant d’une sécurité d’emploi bétonnée, d’un bon salaire, d’un fonds de pension à prestations déterminées indexé et financé en majeure partie par les contribuables, il est d’avis qu’un peu de reconnaissance ne nuit pas. J’oubliais, il a vendu, à sa fille, pour 1$, sa luxueuse résidence de banlieue. Il se fera oublier et encaissera scrupuleusement, à chaque mois, sa pension de la ville. Peut-être, deviendra-t-il, dans quelques années, consultant en éthique et déontologie.

Le Rusé (Les petits poissons)

Au milieu de la chaîne alimentaire, vivent une panoplie d’espèces qui arrivent à survivre en usant de tous les astuces et privilèges permis ou tolérés.

Dans la barrière de corail, vivent les espèces protégées, à l’abri des tempêtes et des grands courants. Les règles du jeu sont connues et quasi-immuables. La nourriture abondante. Ces espèces peuvent compter sur un sous-prolétariat (Les Valeureux) et une pratique bien maîtrisée d’aveuglement volontaire. Vous aurez reconnu notre sanctuaire économique québécois.

Dans la catégorie des petits poissons, on retrouve également, en grand nombre, le simple citoyen qui a compris et adopté l’approche du clientélisme politique. Il demande des services additionnels à l’État, tout en s’assurant qu’il n’aura pas à les payer (ou très peu). Le politicien ne demande pas mieux. Les deux s’entendent, comme larrons en foire, pour faire payer à d’autres (idéalement les générations futures ou les maudits riches, ou les épargnants) la facture, qui pour le moment est placée sur notre carte de crédit collective (la dette).

Dans ce banc de poisson, on retrouve tous ces petits rusés qui, à leur échelle, abusent du système : faillite frauduleuse, contrebande de cigarettes, diagnostics médicaux complaisants, cadeaux des pharmaceutiques aux médecins et pharmaciens, vrais reçus de faux dons de charité, plants de marijuana, marché aux puces « pas de taxes », paradis fiscaux, planification fiscale agressive, etc.. C’est sans fin. « Que celui qui n’a jamais péché lance la première pierre » a déjà dit quelqu’un de célèbre.

Rappelez-vous la série télévisée « Les Bougons, c’est aussi ça la vie » . Nous sommes au pays de la magouille et du petit larcin. C’est sans conséquence ; à la limite, c’est sympathique. C’est de l’entrepreneurship atypique. L’idée, c’est d’en profiter pendant que ça passe, de payer le moins d’impôt possible et de s’en remettre aux gouvernements pour assurer nos vieux jours.

Le Valeureux (Plancton, Krill)

Le Plancton représente 50% de la matière organique de notre planète. C’est la base de notre chaîne alimentaire. On parle ici du travailleur salarié au revenu modeste. Son employeur, une PME, se débat dans un monde de plus en plus concurrentiel, où les produits importés remplacent la production locale, où la grande chaîne de distribution asphyxie irrémédiablement le commerce familial.

Notre Plancton vit quotidiennement dans la double incertitude. Est-ce que son employeur sera encore là demain ? Et, si oui, est-ce qu’il y aura encore un emploi pour lui ?

Notre travailleur, quitte son 4 ½ de Villeray tôt le matin, laisse ses enfants à l’école et prend le métro. Ce matin, il sera en retard, le service du métro est interrompu ; une bombe fumigène a été lancée sur les rails. C’est le printemps « érable ».

Les vacances estivales arriveront bientôt. Son épouse et lui ont fait des calculs hier soir; ils se demandent comment ils arriveront à mettre de côté quelques centaines de dollars pour un petit voyage en Gaspésie avec les enfants. Le mois passé, une dépense imprévue (le dentiste) est venue chambouler le budget. C’est sans compter Simon, le plus jeune, qui veut avoir un I Pod (tous ses amis en ont un) et à qui on doit toujours dire « Plus tard, Simon ».

Au retour, à la fin d’une journée exténuante, notre Plancton salue, son voisin, Monsieur Bougon, un Rusé, qui, assis sur son balcon, calle une X ième bière.

Après avoir aidé les enfants à faire leurs devoirs scolaires et leur avoir lu une histoire, nos valeureux parents, fiers d’une autre journée bien remplie, s’apprêtent à relaxer. C’était sans compter sur la procession de casseroles qui vient d’entreprendre sa sortie quotidienne et qui passe sous leurs fenêtres.

Le monde des Valeureux, c’est aussi celui du Krill. On parle ici des personnes âgées, qui, pour maintenir un niveau de vie décent, doivent compter sur un capital accumulé, au fil d’une discipline d’épargne sur plusieurs décennies. Ce sont pour la plupart d’ex-travailleurs qui n’ont pas de régime de pension à prestation déterminée. Depuis plus de 5 ans, le Krill, qui n’a pas de Plan B, assiste à l’érosion de ses revenus, conséquence directe d’une diminution importante des taux d’intérêt sur l’épargne.

Nous verrons, dans une publication à venir, comment l’aveuglement volontaire de gouvernements irresponsables a conduit à cette détérioration des conditions de vie d’épargnants responsables.

Nos Valeureux font preuve de courage. On dit d’eux qu’ils représentent la majorité silencieuse. Il ne faudrait pas qu’ils décrochent. Toute la chaîne alimentaire en ressentirait les effets, incluant le Véreux tout en haut.

Au plaisir de lire vos commentaires.

Normand de Montigny

« Entreprendre, encore et toujours »

















lundi 12 novembre 2012

La recette de la croissance économique : C + I + G + X - M






(Dans la série Pourquoi ? Pour Qui ? … une deuxième publication sur la Croissance)



Il y a quelques semaines, dans une première publication sur la croissance, nous faisions un retour sur l’incompatibilité pourtant évidente entre la poursuite d’une croissance infinie dans un monde aux ressources limitées.
Nos élites politiques n’en continuent pas moins de carburer en fonction d’objectifs de croissance économique. Tous les jours, nous sommes bombardés de résultats ou de prévisions de croissance économique des divers pays. Le principal indicateur utilisé et accepté par tous est celui du Produit intérieur brut (PIB). Il mesure la taille d’une économie. Par ricochet, il mesure la richesse.

Le PIB ne reflète toutefois pas le bien-être d’une nation. Nous aurons l’occasion, dans une autre publication, d’aborder les nouveaux indicateurs qui incorporent des composantes sociales et qualitatives tout autant qu’économiques.

La variation du PIB est l’indicateur de la croissance ou de la décroissance d’une économie. C’est une statistique mensuelle très suivie à travers le monde. On dit d’un pays, qui connaît deux trimestres consécutifs de croissance nulle ou négative de son PIB, qu’il entre en récession.

Le PIB se bâtit en fonction de différents ingrédients et la proportion de ceux-ci peut varier d’un pays à l’autre et même, pour un pays donné, varier de façon significative dans le temps. C’est ce qui se produit actuellement pour le Québec.

En fait, le PIB est constitué de quatre composantes qui propulsent à des degrés variables l’économie ; ce sont :

La Consommation (C)

L’Investissement (I)

Les Dépenses gouvernementales (G)

Le Commerce extérieur (X-M)

C’est là la recette de la croissance économique. PIB = C + I + G + (X-M)

L’économie au noir ne figure pas dans l’équation. Dans certains pays, cette activité illicite peut représenter plus de 25% de la production officielle.

La Consommation (C)
La composante la plus importante (63% du PIB au Québec en 2009) ; elle regroupe la production de tous les biens et services achetés par les consommateurs.

En septembre 2008, au plus fort de la tempête financière qui secouait les Etats-Unis, le président Georges W. Bush, sortait tous les matins, sur la pelouse de la Maison Blanche, pour adresser un message aux Américains : « Ayez confiance, consommez, tout va se replacer. L’Amérique est forte ». On connaît la suite.

Pour s’assurer de maintenir le flux de consommation, plusieurs techniques ont fait leur preuve :

 Faciliter le crédit à la consommation, jusqu’à la faillite s’il le faut

 Créer des besoins, quelquefois à la faveur d’innovations futiles

 Provoquer une désuétude accélérée des produits (électronique et logiciels)

L’Investissement (I)
Une composante qui fluctue beaucoup d’une année à l’autre (20% du PIB au Québec en 2009). On y retrouve les investissements privés (ex. : construction résidentielle) et les investissements gouvernementaux (ex. : construction de routes).

Montréal connaît actuellement une forte progression des investissements privés à la faveur de la construction de plusieurs tours de condos.

Les entreprises qui investissent dans de nouveaux équipements et technologies contribuent ainsi à la croissance économique.

Comme nous l’avons vu dans une publication antérieure, l’effondrement du viaduc de la Concorde à Laval en septembre 2006 a enclenché une augmentation considérable des investissements en infrastructures routières au Québec pour les 5 années suivantes.

Les Dépenses gouvernementales (G)
L’État occupe une place importante dans l’économie du Québec (24% du PIB en 2009). On entend même quelquefois l’argument qui veut que, si le Québec s’en est mieux tiré que d’autres ces dernières années, c’est à cause de l’importance de notre secteur public. J’en aurais long à dire là-dessus. Je me contenterai de rappeler que nous sommes toujours en période de déni au Québec quant à notre capacité de payer tous ces services et programmes que nous avons ajoutés ces 15 dernières années.

En 2001, le sympathique Georges W. Bush, au lendemain de l’attaque terroriste du 11 septembre, sortait sur la pelouse de la Maison Blanche et adressait aux Américains, le message suivant : « Nous les traquerons partout dans le monde et obtiendrons justice ». Les porte-avions prenaient le large dans les jours suivants.

Les dépenses militaires représentent une part importante du PIB américain. L’histoire regorge d’exemples où des pays se sont sortis d’une crise économique à la faveur d’une guerre qui a mobilisé la nation et relancé la production.

Idi Amin Dada, le sympathique président de l’Ouganda (1971-1979) féru de la 2ième guerre mondiale et enviant la situation économique du Japon et de l’Allemagne (2ième et 3ième économies mondiales), a dit un jour : « Pour sortir notre pays du marasme économique, il faudrait déclarer la guerre aux Etats-Unis et s’assurer de perdre cette guerre ».

La Consommation et les Dépenses militaires sont les deux biceps de l’Amérique. Ne vous y trompez pas. Aux Etats-Unis, consommer n’est pas moins patriotique que la défense armée du territoire. 

Commerce extérieur (X-M)
Pour un pays dont le marché intérieur est relativement peu important (seulement 35 millions d’habitants au Canada), il est important d’exporter (X), d’exporter beaucoup, beaucoup plus que ce qu’il importe (M). C’est ce qu’on entend par Balance commerciale

(X-M). On dit qu’elle est positive lorsque les exportations sont supérieures aux importations.
Au Québec, la balance commerciale (X-M) représentait, en 2009, - 6% du PIB. Depuis quelques années, le Québec importe plus qu’il n’exporte. Nous connaissons tous les embûches qu’ont connues nos exportations de bois d’œuvre vers le marché américain. Bien plus, les exportations en provenance de la Chine ont remplacé plusieurs produits canadiens sur le marché américain, principal client du Canada.

Le Plan Nord vise à générer des exportations additionnelles pour retourner le plus tôt possible vers une balance commerciale positive.

L’exploitation pétrolière et du gazière de schiste sur le territoire québécois vise à diminuer les importations, toujours dans la même perspective de redresser la balance commerciale.

La recette évolue dans le temps
S’il est vrai que les ingrédients de la recette sont toujours les mêmes (C + I + G + X - M), les proportions évoluent dans le temps. Un pays qui ne s’ajuste pas peut rapidement voir sa situation se détériorer.
On prévoit, qu’en 2020, la classe moyenne chinoise regroupera 600 millions de consommateurs. Le marché intérieur chinois prend déjà la relève d’une partie des exportations chinoises qui étaient destinées à une Europe en récession.

Le « Made in USA » fait un retour en force. Le 2ième mandat du président Obama visera à redonner à des millions d’Américains la perspective d’un travail, voire d’une carrière, dans le secteur manufacturier. Les Etats-Unis ambitionnent de redevenir l’usine du monde.

Qu’en est-il du Québec ?


Au plaisir de lire vos commentaires.


Normand de Montigny


« Entreprendre, encore et toujours »