mercredi 12 novembre 2014

De l'immuabilité des choses

















Quel choc j’ai eu cette semaine !

La piscine de mon enfance n’est plus. Trois monstres mécaniques jaunes ont, sans pitié, mis fin à 54 ans d’histoire.

Et quelle histoire !  La piscine de Saint-Vincent-de-Paul (Laval) avait été inaugurée en grande pompe en 1960. J’ai revu ce matin, le film Super 8 du paternel. J’y étais cette journée-là, comme des milliers d’autres, pour assister à une cérémonie « hallucinante » comme on dirait aujourd’hui. L’évêque qui bénit la piscine, le maire qui y va d’un discours en trois langues, la fanfare de l’heure au Québec, qui descend progressivement, tout costumé, dans l’eau, des démonstrations de plongeon…

Saint-Vincent-de-Paul, c’est à l’époque, un village de 11 214 « âmes » (habitants). La piscine revendique le titre de la plus grande piscine extérieure en Amérique du Nord. Le succès est instantané. Des centaines de jeunes, dont je suis, prennent d’assaut, jour après jour, cette superbe piscine. Nous y passons tous nos après-midis d’été. Il faut arriver tôt pour se trouver une place où poser sa serviette. Et pour se dégager une place dans la piscine, il faut jouer du coude. Les « lifegards » sont du type «Alerte à Malibu». Pas de parasol, pas de crème solaire.

Revenons à Saint-Vincent-de-Paul. Ce village, qui sera intégré dans Ville de Laval en 1965, a une longue histoire qui remonte à 1740. Il est surtout connu pour son célèbre pénitencier à sécurité maximum (aujourd’hui on dit établissement ou centre de formation) et ses célèbres émeutes. Oui, à l’époque, pour s’évader de prison, il fallait créer de toute pièce une émeute, mettre le feu au bâtiment et tenter, dans la cohue, de se faufiler à travers les pompiers, pour trouver la sortie. Les gardiens étaient armés et se servaient de leurs armes. C’était avant la méthode « hélicoptère » beaucoup plus simple.

Revenons au maire de Saint-Vincent-de-Paul. Rodolphe Lavoie, n’a rien d’un timoré.  Lors d’une de ses promenades aux abords d’une immense carrière abandonnée, il imagine ce qui deviendra, quelques années plus tard, le Centre de la nature ». Je me rappelle la maquette présentée par le maire ; tout y est déjà, incluant bien sûr, cette superbe piscine.

Il faut dire qu’au début des années ’60, le Québec connaît une période d’effervescence. C’est le « Maître chez-nous » de Jean Lesage. On construit le métro de Montréal. On ne sait pas où mettre toute la terre dégagée par les tunnels du métro. Alors on construit une île (Île Notre-Dame) face à Montréal. On ne sait pas quoi faire de cette île. Alors on organise l’Exposition universelle de Montréal (Expo 67). Je résume là.

Les nouvelles écoles sont construites et livrées à un rythme d’enfer. Dans ma seule deuxième année du primaire (1960-1961), je fréquente 3 écoles complètement neuves, toutes situées à Saint-Vincent-de-Paul.


L’État québécois moderne se met en place. La Caisse de dépôt et placement est créée en 1965 et plusieurs autres institutions suivront. On nationalise l’électricité. Le fameux « modèle québécois » prend forme.

Suffit la nostalgie, suffit l’immuabilité


La méga piscine de Saint-Vincent-de-Paul a bien servi la population pendant plus de 50 ans. Mais depuis quelques années déjà, la fréquentation avait diminué et les coûts d’entretien augmentaient sans cesse. Pourtant, un peu comme le « modèle québécois », pour plusieurs, elle apparaissait immuable.

Je continue avec ce parallèle (piscine - modèle québécois), pour la suite des choses. Par quoi, on remplace la super piscine. Il y a deux approches :

  • L’approche traditionnelle du « modèle québécois » : Il faut respecter la part historique de Saint-Vincent-de-Paul dans l’offre totale de piscines publiques dans Laval, au moment de la fusion des villes en 1965. C’est un droit acquis. Alors on reconstruit cette piscine, telle quelle, peu importent les besoins ou les coûts. Pour contrer la faible fréquentation des baigneurs, il n’y a qu’à passer un règlement pour interdire les piscines privées résidentielles. C’est connu, ces piscines, apanage des riches, vont à l’encontre d’une utilisation respectueuse de l’eau (bien collectif), alors qu’une piscine publique, un peu comme un Centre de la petite enfance (CPE), favorise une plus grande socialisation des enfants et les prépare à mieux affronter les défis du futur.
  • La nouvelle approche, que j’aimerais voir : On ajuste l’offre en fonction des besoins (des besoins, pas de la demande) et de la capacité de payer et on évalue la compétitivité dans la livraison du service (public ou privé). Il faut voir au-delà de la piscine. Et si c’était une piste cyclable additionnelle ou un circuit d’hébertisme qu’il nous fallait, plutôt qu’une piscine.

Cet automne, nos habitudes et nos acquis seront questionnés, voire bousculés. Il appartient, à chacun d’entre nous, de continuer de vivre dans la nostalgie et l’immuabilité ou d’imaginer un futur meilleur pour les générations qui nos suivent.


La morale de l’essentiel consiste à laisser,
aux générations suivantes,
un monde qui mérite d’être vécu.

Kenzaburô Ôe

Au plaisir de lire vos commentaires.

Normand de Montigny

« Entreprendre, encore et toujours »

dimanche 9 mars 2014

La langue de bois budgétaire : coupures, compressions, coûts de système, écart à résorber




Alors que s’amorce une nouvelle campagne électorale, j’ai pensé vous aider un peu, pour ceux que ça intéresse, à décoder le langage de nos politiciens, lorsqu’ils abordent les questions budgétaires.


Il faut dire, que de ce côté, la créativité de nos élus ne cessera jamais de m’étonner. Comme entrée en matière sur le thème de la langue de bois, je vous suggère de jeter un œil sur la chronique de Jean-Simon Gagné de Le Soleil. Faut-il en rire ou en pleurer…à vous de voir.

Au cours des prochains jours, nos politiciens vous parleront d’enjeux économiques, d’équilibre budgétaire, de compressions, de déficits, de coûts de système, etc…Pas facile de s’y retrouver.

C’est sans compter les plus récentes trouvailles. On se rappellera, l’automne dernier, lors de la mise à jour budgétaire du Québec, un journaliste plus vaillant que la moyenne avait trouvé une perle (de plusieurs centaines de millions de dollars), au bout d’une petite ligne d’une obscure annexe de l’imposant document. Une nouvelle créature était née : un écart à résorber. Non, ce n’est pas un revenu. Non, ce n’est pas une dépense. Ce n’est même pas un déficit. Mais, qu’est-ce que c’est ? C’est une manifestation de plus de la langue de bois.

Si un politicien vous parle de coupures ou de compressions budgétaires, n’allez surtout pas penser, dans un raisonnement tout simpliste, que le total après coupure ou compression, sera plus petit qu’avant. C’est très rarement le cas. Ce que le politicien veut vous dire, c’est que des efforts seront faits pour couper ou réduire là où c’est possible.

Pour comprendre l’expression « Là où c’est possible », il faut d’abord vous expliquer l’expression « Coûts de système » très utilisée dans les administrations publiques. Un coût de système, c’est ni plus ni moins, une dépense qui augmente sans qu’on ne puisse rien y faire. Ça peut représenter plus de 80% des dépenses en santé et en éducation. Ce sont les conventions collectives, le vieillissement de la population, l’augmentation des clientèles à besoins plus lourds ou plus complexes, l’augmentation inattendue de clientèle de nouveaux programmes, le réchauffement climatique qui produit plus de désastres. Je pourrais poursuivre ainsi sur plusieurs lignes ; c’est sans fin.

Les « Coûts de système », c’est un peu comme une boîte noire qu’on ne peut ouvrir, ou les tables de la loi de Moïse, ou, pour les non croyants, un code que nous aurait laissé une civilisation extra-terrestre. Ça fonctionne tout seul, ça ne s’explique pas. On ne peut rien y changer.

Vous aurez compris que tout nouvelle administration publique, qui arrive au pouvoir, est rapidement informée de cette réalité. On ne touche pas au système. Le peu qui reste, la marge de manœuvre, est très limitée, sauf pour un téméraire qui voudrait briser les tables de la Loi de la Sainte Alliance qui gouverne le Québec depuis les années ’70.

Un exemple en éducation

D’entrée de jeu, je vous dirai que je suis de ceux qui croient que notre avenir comme société passe par l’éducation. Je me suis engagé dans la mise sur pied d’un programme de persévérance scolaire et je contribue également à un comité de gestion d’une école secondaire.

Lorsque je reçois mon compte annuel de taxes scolaires, je paie sans me poser trop de question ; c’est un bon investissement.

Toutefois, depuis 3 ou 4 ans, ma commission scolaire, dans ses publications ou sorties media a sonné l’alarme des compressions et des coupures. Le langage utilisé, avec une dramatisation croissante, m’a interpellé : compressions budgétaires de plusieurs millions imposées par le gouvernement, des coupures dans les services directs aux élèves, le point de rupture est atteint, etc..

Il faut que je m’en mêle. Après plusieurs mois de démarches, j’ai obtenu, de ma commission scolaire, les états financiers complets des 4 plus récentes années. Voici les grandes lignes :


 Les subventions gouvernementales, loin de reculer, ont augmenté au rythme annuel moyen de 2,5%

 Les subventions gouvernementales par élève ont augmenté au rythme annuel moyen de 2,3%

 Le nombre d’employés divisé par le nombre d’élèves a augmenté au rythme annuel moyen de 3,1%

 Pendant ce temps, le taux d’inflation général de la région a augmenté de 1,8% en rythme annuel moyen

Il n’y a pas là trace de coupure ou de compression. Seulement une progression
« normale » attribuable aux « Coûts de système ».

On se demandera ensuite pourquoi le citoyen est de plus en plus cynique envers les politiciens, à tous les niveaux. Vous comprenez maintenant le choix de l’image placée au début de ma chronique.

En terminant, une petite dernière application de la langue de bois. Vous entendrez parfois l’expression « croissance négative ». Il y a pourtant un mot qui existe déjà pour exprimer cette réalité ; c’est décroissance. Mais, vous ne verrez pas ça de sitôt dans l’administration publique.


Au plaisir de lire vos commentaires.

Normand de Montigny

« Entreprendre, encore et toujours »








dimanche 2 février 2014

Pas de batterie, pas de problème

Le 17 janvier dernier à Montréal-Nord, un incendie, dans un immeuble à logements, jette, sur le pavé, 9 locataires. Heureusement, on ne constate que des dommages matériels. Un fait divers parmi tant d’autres.

Un journaliste, arrivé sur les lieux, fait son travail. On apprend rapidement qu’aucun des détecteurs de fumée n’était opérationnel. Pas de batterie. Un pompier, quasi-sociologue, explique que les locataires étaient trop pauvres pour remplacer la batterie. Une locataire, quant à elle, affirme que les locataires avaient enlevé les batteries. Comme vous le savez, quand une batterie arrive en fin de vie, le détecteur de fumée émet, à toutes les 15 ou 20 secondes, un bip pour nous rappeler de changer la batterie. C’est intolérable. Alors on enlève la batterie et on oublie de la remplacer.

En octobre 2012, dans un de mes premiers billets, j’identifiais l’installation d’un détecteur de fumée, comme l’échelon le plus bas sur l’échelle de la responsabilité individuelle. Trente-cinq (35%) des foyers québécois n’ont pas de détecteur de fumée fonctionnel, même si certaines villes, dont Québec, les fournissent pourtant gratuitement.
 
Revenons à notre incident du 17 janvier. Peu importe que la cause soit la pauvreté ou l’insouciance, il faut agir avec toute la force de notre modèle québécois d’intervention, qui a fait ses preuves dans tant de domaines.
 
Si la pauvreté est le problème, alors il s’agit tout simplement, via un crédit d’impôt, ou une contribution additionnelle à la sécurité du revenu, de couvrir le coût de la batterie.
Et voilà, c’est réglé.

 
Vous vous doutez bien que ce n’est pas si simple. En fait, je suis convaincu qu’une inspection plus poussée des neuf logements du 17 janvier aurait permis de constater que toutes les télécommandes de téléviseur plasma 39¨ ou 50¨ et toutes les manettes de PlayStation 4 étaient pleinement fonctionnelles.
 
On sait que les propriétaires d’immeubles ont l’obligation d’installer des détecteurs de fumée dans les logements. Mais la loi ne couvre pas la question de remplacer la batterie. Il n’y a pas d’obligation pour le propriétaire et évidemment aucune contrainte pour le locataire. Même si la loi était modifiée, on peut penser que ça ne règlerait pas véritablement le problème.
 
On sait, par contre, que les pompiers, dans la plupart des villes, inspectent les logements et vérifient la présence de détecteurs de fumée fonctionnels. Il suffirait donc de les munir de batteries à remettre aux locataires. J’ai même pensé à une commandite privée. Les millions de batteries seraient données par un grand fabricant « Duracell » ou
« Eveready » en échange d’une visibilité sur le camion ou le casque de pompier.
Et voilà, c’est réglé.

Ah non, j’oubliais. Au Québec, on n’aime pas ce type de pollution commerciale privée. Rappelez-vous le vandalisme sur nos Bixis qui affichaient les commandites de Telus, Desjardins ou Rio Tinto.

De toutes façons, ça ne règle pas la question de l’installation de la batterie dans le détecteur de fumée. Il faut donc s’assurer que le pompier, visitant le logement, installe la batterie.

Dans un premier temps, pour simplifier les choses, j’ai pensé que nous pourrions faire appel aux pompiers mesurant 6 pieds 5 pouces et plus. Ils pourraient, sans recourir à des escabeaux, tout simplement, installer directement la batterie en s’étirant les bras.
Et voilà, c’est réglé.

On m’a vite découragé quant à cette approche. Inévitablement, une plainte serait déposée, à la Commission des droits de la personne, par un représentant de ces grands pompiers, alléguant une discrimination les ciblant pour une tâche additionnelle que n’ont pas à assumer les plus petits pompiers. C’est sans compter sur la plainte qui serait déposée par un représentant des plus petits pompiers alléguant une exclusion à leur endroit. Il faut nécessairement revenir au petit escabeau.

Il va sans dire que la convention collective des pompiers devrait être modifiée pour permettre cette nouvelle tâche, qui comporte sa part de risque : élongation musculaire, mal au cou, risque de chute en bas de l’escabeau, etc..

Une étape apparaît alors incontournable : il faut faire approuver, par la CSST, un modèle universel d’escabeau qui serait utilisé, en toute sécurité, par notre pompier visitant le logement.

Enfin, il faudrait aussi s’assurer, auprès de la Fédération Inter-Provinciale des Ouvriers en Électricité (FIPOE), membre de la FTQ-Construction (Vous savez Johnny Lavallée), que cette tâche (installer ou remplacer une batterie dans un détecteur de fumée) ne soit pas interprétée comme une atteinte aux droits spécifiés dans la convention collective des électriciens.

Ce qui apparaissait simple au départ s’avère plus compliqué. Un peu comme la Charte de la laïcité. Dans de tels cas, il ne faut pas hésiter à sortir l’artillerie lourde, si on veut s’assurer du succès. Je propose donc de déposer un projet de loi créant « L’Agence nationale de distribution et d’installation de modules énergétiques amovibles (batterie) dans les détecteurs de fumée des résidences et logements des Québécoises et Québécois ».

Cette agence formée d’un Conseil d’administration représentatif des dix-sept régions administratives du Québec (on peut y nommer nos amis) et de représentants des principaux (pas plus de 15) secteurs impactés (santé, sécurité, ville, MRC, etc,) serait chargée de mettre en place et de superviser le nouveau « Programme national de distribution et d’installation de modules énergétiques amovibles (batterie) dans les détecteurs de fumée des résidences et logements des Québécoises et Québécois ».
Maintenant, c’est réglé.



Au plaisir de lire vos commentaires.

Normand de Montigny

« Entreprendre, encore et toujours »



                

mardi 14 janvier 2014

Que nous réserve 2014?












« Les prévisions sont difficiles surtout lorsqu’elles concernent l’avenir. »
Pierre Dac


Comme bien d’autres, je me risque, en ce début d’année, à regarder au loin pour tenter de prévoir les grands événements qui marqueront l’année 2014.

Ce genre d’exercice est de plus en plus périlleux, compte tenu de la très grande volatilité qui frappe les sphères économiques, financières et politiques

Recul de la pauvreté dans le monde

La pauvreté absolue (vivre avec moins de 1,25$ par jour) continuera de reculer. Les objectifs fixés en 1990, pour 2015, sont déjà atteints. La pauvreté absolue a reculé de plus de 50%. C’est là une réalisation prodigieuse. La communauté internationale travaillera, en 2014, sur la définition de nouveaux objectifs dont celui d’éliminer totalement la pauvreté absolue d’ici 2030.

Ça ne doit pas nous empêcher de continuer de « jaser » dans nos salons, sur les écarts de richesse au Canada. Tout est relatif, c’est bien connu.

Crise financière mondiale

Le système financier international n’a pas réglé ses problèmes en 2013, loin de là. Nos apprentis sorciers (banques centrales, gouvernements, FMI et autres) continueront en 2014 de pelleter par en avant, en souhaitant qu’une croissance économique plus soutenue leur donnera un répit, le temps de s’entendre sur les véritables correctifs à apporter.

Les banques, petites et grandes, seront soumises à de nouveaux tests de résistance, révélant ainsi la fragilité de plusieurs d’entre elles. L’heure est à la vérité. En parallèle, les pays européens se seront entendus sur un nouveau mécanisme de sauvetage des banques en difficulté, sur la base d’une approche de « Bail-in ». Les épargnants et actionnaires des banques seront appelés à prendre la grande part du risque (Modèle appliqué à Chypre en 2013). Une banque française ou italienne subira une profonde restructuration.

Politique québécoise

Des élections au printemps. Avant même que le budget 2014-2015 ou que la Charte de la laïcité ne soient adoptés. En fait l’impasse budgétaire sera totale, le déficit se creusant davantage. Au moins une agence de notation aura abaissé la cote du Québec avant l’été.

Le Parti québécois sera reporté au pourvoir, une nouvelle fois minoritaire. Philippe Couillard retournera à la médecine.

Une grève des CPE et des garderies privées, dans le premier cas pour bonifier les conditions de travail et dans le second cas, pour s’opposer au démantèlement programmé du réseau. Les grands-parents en auront plein les bras.

Scène sportive

Nous vivrons des Jeux olympiques d’hiver qui, une fois encore, célèbreront l’excellence du Canada qui terminera au premier rang pour le nombre de médailles d’or et au 2ième rang pour le total des médailles.

Le Canadien sera éliminé en 2ième ronde des séries. Michel Therrien ou P.K. Subban quittera le Canadien : devinez lequel. Le retour des Nordiques et des Expos : c’est reporté à 2015 ou 2016.

Politique canadienne

Le gouvernement Harper maintiendra le cap quant à l’assainissement des finances publiques. Une importante fronde, organisée par les centrales syndicales, culminera en août à Ottawa, par des manifestations à l’occasion du Forum social des peuples. Ça nous donnera un petit répit à Montréal. (Attention : le gouvernement Harper risque d’être un petit plus difficile à renverser que le gouvernement Charest de l’été 2012).

Retour graduel de la croissance économique

L’Europe et les États-Unis connaîtront une année de croissance économique modérée (moins de 3%). On assistera à un retour de la confiance des consommateurs et des entreprises. Tout ne sera pas pour autant réglé. Les sans emploi seront encore très nombreux, certains s’étant découragés ou n’étant pas qualifiés.

Malgré la ratification de l’entente commerciale avec l’Europe, le Canada ne retrouvera pas de sitôt une balance commerciale (Exportations moins importations) positive. Le fait est que nos principaux clients (États-Unis, Europe), même s’ils reprennent un volume d’achats plus important, ont, entre-temps, diversifié leurs sources d’approvisionnement. La Chine est devenue le principal partenaire commercial des États-Unis délogeant ainsi le Canada.

Sciences et technologies

Une prédiction facile (pour remonter ma moyenne) : Apple lance le IPhone 6.

Je ne me risquerai pas à prédire une innovation de rupture « Breakthrough » précise. C’est ce qui est le plus imprévisible. Toutefois, je m’avance à prévoir qu’au moins une innovation de ce type nous viendra du secteur des nanotechnologies appliquées aux sciences de la vie (Peut-être un vaccin thérapeutique).

Nous aurons droit, en 2014, à une pléthore d’inventions dans la catégorie «Comment-j’ai-pu-vivre- sans-ça-jusqu’à-aujourd’hui». Déjà annoncée en ce début de 2014 : la brosse à dent branchée sur Internet qui donne, en temps réel, à votre mère, votre hygiéniste dentaire et vos amis Facebook, toutes les informations vitales sur votre tartre dentaire. Dans la même veine, je prédis pour la fin d’année 2014, la commercialisation d’un implant buccal transmettant, en temps réel, à votre mère, votre diététiste et vos amis Facebook, toutes les données importantes sur votre ingestion de denrées et liquides.

Les innovations les plus spectaculaires sortiront des imprimantes 3D. Le secteur des nouveaux matériaux, s’alliant à celui de ces imprimantes révolutionnaires, cogitera des applications de plus en plus nombreuses. Peut-être le premier bâton de golf imprimé ou la première raquette de tennis.

Environnement

Au terme d’un bras de fer entre les Etats-Unis, la Chine et l’Inde, la Conférence internationale de Lima sur les changements climatiques se conclura sur un consensus quant aux objectifs devant remplacer ceux de l’Accord de Kyoto.

Des marées automnales records causeront des dommages importants sur les rives du Saint-Laurent.

Dossiers chauds internationaux

En Écosse, les résultats du référendum sur l’indépendance confirmeront le maintien du statu quo. Il n’y aura pas de match revanche. Ce n’est pas de la boxe tout de même; ce n’est pas le Québec non plus.

Il en ira tout autrement du référendum en Catalogne. Les résultats donneront la victoire aux partisans de l’indépendance de cette province d’Espagne. Le gouvernement fédéral espagnol, comme il l’a déjà annoncé, ne reconnaîtra pas les résultats. Tension extrême à prévoir.

De guerre lasse, Palestiniens et Israéliens en viendront à un accord de paix, sous l’impulsion de John Kerry, Secrétaire d’État américain.

L’embargo sur l’Iran sera levé, suite à une entente sur le développement du nucléaire dans ce pays.

La guerre Chiites-sunnites qui déchire la Syrie, l’Irak et le Liban, s’étendra à d’autres pays du Moyen-Orient et de l’Afrique.

Dossiers chauds nationaux

Le dossier des régimes de retraite du secteur public continuera de faire l’objet de consultations, analyses et palabres. Une embellie temporaire et conjoncturelle de la solvabilité de ces régimes sous capitalisés, confortera les décideurs dans leur détermination de ne rien faire.



Au plaisir de lire vos commentaires.

Normand de Montigny

« Entreprendre, encore et toujours »









dimanche 24 novembre 2013

Mon syndicat et son autobus jaune


Au moment où les autobus jaunes refont leur apparition dans nos rues et alors que les syndicats tiendront la vedette cet automne à la Commission Charbonneau, j’ai pensé vous parler de Mon syndicat et son autobus jaune.

Avant d’entrer dans cet épopée, deux courts messages :


Je salue tous les enseignants, à l’occasion de la rentrée 2013. Ils exercent un rôle central dans le développement d’une nouvelle génération de citoyens responsables. On leur reconnaît beaucoup de dévouement, souvent dans des conditions d’exercice difficiles.

Le mouvement syndical a, à certains moments de son histoire, influencé et infléchi très positivement le développement économique et social du Québec. Les syndicats ont été des promoteurs et des alliés dans la création d’un secteur coopératif fort au Québec, au siècle dernier (1900-1950). Des luttes syndicales majeures ont été déterminantes pour la construction du Québec moderne. La Grève de l’amiante (1949) et la Grève des réalisateurs de Radio-Canada (1958-1959) ont pavé la voie à la Révolution tranquille des années ’60. De grands leaders politiques ont joué un rôle central dans ces luttes : Pierre-Elliot Trudeau et René Lévesque, qui, chacun à leur façon ont, par la suite, imprégné de façon indélébile notre devenir.

Je ferme la parenthèse. De retour à notre autobus jaune.

Nous sommes une vingtaine dans un autobus scolaire.C’est un Lundi soir d’hiver, en 1965. J’ai 12 ans. Je suis un scout de la troupe Guy de Larigaudie, basée à Saint-Vincent-de-Paul.

Soudain, l’autobus ralentit et se fait lentement un passage à travers des manifestants qui frappent l’autobus avec leurs affiches sur bâtons. Nous arrivons à l’Hôpital Notre-Dame de la Merci, boulevard Gouin à Montréal. Hier soir, le chef scout m’a téléphoné à la maison pour me demander de me rendre disponible pour aider, pour une durée indéterminée, à soutenir, en situation d’urgence, les opérations de cet hôpital pour personnes âgées.

La maxime du scout est « Toujours prêt ». Sa principale préoccupation est de réaliser une bonne action (B.A.) par jour. Alors, je fais ma valise. Au cours des deux semaines qui suivront, je ferai le plein de bonnes actions.

J’avais 12 ans et n’avait pas idée de ce qu’était un syndicat ou un briseur de grève. Le Québec n’avait pas encore adopté sa Loi des services essentiels. Les centaines de résidents de cet hôpital avaient été abandonnés à leur sort. Ne restait sur place que quelques religieuses. Nous avons lavé les draps souillés, préparé les repas, lavé les planchers, fait des courses de chaises roulantes, monté une pièce de théâtre et bien dormi dans nos sacs de couchage sur des allées de quilles.

J’avais 12 ans et j’ai été confronté, pour la première fois, à la mort. Je lavais le plancher d’une chambre. Je croyais au début qu’elle dormait, mais son teint était blanc comme du lait. Elle avait encore dans la main le bouton d’appel. C’était trop tard.

Nous sommes en 2005 ou 2006. Je siège au Conseil d’administration de l’Agence de la santé, dans une ville près de chez-vous. Ce soir, nous adoptons un projet de fusion de CLSC. Aucun service ne sera coupé, aucun emploi ne sera perdu. La gestion sera éventuellement regroupée ; le nombre d’accréditations syndicales sera réduit. Soudain, alors que nous nous apprêtons à entamer la discussion autour de la table du conseil, on entend à l’extérieur, des coups de klaxon répétés. Par la fenêtre, on voit arriver…. deux autobus jaunes de syndiqués qui viendront frapper de la pancarte (c’était avant l’époque des casseroles) sur nos dossiers de chaises pour bien nous faire comprendre que ce n’était pas une bonne idée de fusionner des institutions pour réduire les coûts. (Retourner voir la photo en haut. Vous ne trouvez pas qu’il a l’air un peu intimidant mon autobus jaune avec sa barbe noire ?)

24 mars 2006. Philippe Couillard, ministre de la santé du Québec, s’apprête à prendre la parole à la tribune de la Chambre de commerce d’une ville près de chez vous. Il est en tournée pour vendre sa réforme (encore une autre) du système de santé. Soudain, un groupe d’environ 50 manifestants très bruyants, affichant les couleurs d’une centrale syndicale bien de chez nous, envahit la salle et entoure le ministre. Son garde du corps (Sûreté du Québec), solidarité oblige, a choisi ce moment pour aller en griller une dehors.
Je me dirige vers l’extérieur de la salle pour informer son garde du corps. Il est en discussion avec un contingent de la police municipale, qui, solidarité oblige, laissera la tempête passer. Au passage, je remarque, dans le stationnement de l’hôtel…. deux autobus jaunes. Je me demande, encore aujourd’hui, comment ces grands taupins intimidants arrivent à se plier les jambes pour entrer dans les bancs d’un autobus d’écolier. Ça, c’est une autre histoire.

Bien que je n’aie jamais pris un autobus scolaire pour me rendre à l’école, ma vie est peuplée de rencontres marquantes avec des autobus jaunes.

Sur ce, je vous laisse…. Qu’est-ce que j’entends ? Un autobus jaune vient de s’arrêter devant chez-moi. J’espère vous écrire de nouveau bientôt, si je ne suis pas trop « plâtré ».


Au plaisir de lire vos commentaires.

Normand de Montigny

« Entreprendre, encore et toujours »



mardi 19 novembre 2013

Ce que vous ne lirez pas dans le rapport de la Commission Ménard













Ce matin, on rapporte que la Sûreté du Québec ferait un mea culpa quant à son manque de préparation pour faire face à la manifestation (Lire émeute) de Victoriaville au printemps 2012. Un problème de sous-évaluation du risque, semble-t-il.

Ça sera sans doute dans le rapport de la Commission Ménard, qui doit faire la lumière sur les événements du soulèvement d’une partie (30%) des étudiants post-secondaires du Québec.

La Commission Ménard vient de demander une prolongation de son mandat pour permettre de rédiger adéquatement son rapport. Dans un souci de réduire les coûts, pour le contribuable, de cet exercice plus ou moins utile, je me suis porté volontaire pour rédiger quelques paragraphes, qui, j’en suis persuadé, n’auraient pas autrement trouvé leur place.

La responsabilité de la police

La responsabilité première de la police est d’assurer la sécurité des citoyens. Pour ce faire, dans une démocratie, elle applique, les lois et règlements, tout en usant de jugement sur les modalités d’application.

Tout au long du conflit étudiant, notamment à Montréal, les policiers ont choisi de ne pas appliquer les lois et règlements. En déclarant illégales les manifestations, tout en les tolérant jusqu’à l’atteinte d’un niveau de vandalisme jugé adéquat, les corps policiers ont, soir après soir, envoyé un message fort d’abdication de responsabilité.

La responsabilité des organisateurs

Les organisateurs des manifestations ont choisi de se défiler derrière de faux prétextes (nous n’organisons rien, ça s’adonne que l’invitation pour la manifestation s’est affichée sur notre site Web sans qu’on sache comment ou par qui). En ne dévoilant pas leur itinéraire à l’avance, en ne se dotant  pas d’un service d’ordre adéquat et en encourageant la participation de groupes très connus pour leurs méfaits passés, les leaders de ces manifestations ont mis en danger la sécurité des citoyens, notamment ceux participant à leurs rassemblements.

La responsabilité parentale

Une image forte me revient. C’est celle de parents derrière leurs enfants en poussette sur la première ligne d’une manifestation à Montréal et faisant face à la cavalerie du SPVM.

Que dire de plus, sinon qu’il aurait fallu faire des signalements à la Direction de la protection de la Jeunesse.

Tout cela, vous ne le lirez pas dans le rapport de la Commission Ménard.

Les manifestations étudiantes dans les années 1970

En 1975, j’étais membre de l’exécutif d’une association étudiante universitaire et représentant de cette association auprès de l’Association nationale des étudiants(es) du Québec.

Il faut se rappeler que nous traversions une période extrêmement tendue, celle du conflit linguistique qui perdurait déjà depuis 1968. Les milieux étudiants et syndicaux étaient mobilisés pour dénoncer la trop grande place de l’anglais à l’école, au travail et dans la société en général et pour lutter contre la Loi 22.

Nous avions organisé une manifestation réunissant plusieurs milliers d’étudiants. L’itinéraire n’était pas anodin : départ de l’Université de Montréal, traversant l’Ouest de Montréal sur Sherbrooke, arrêt devant l’Université McGill et les sièges sociaux des grandes entreprises anglo-saxonnes de Montréal. Trajet communiqué à l’avance à la police de Montréal, service d’ordre formé de nos équipes sportives universitaires. Pas de casse, pas d’arrestation.

Vous me direz, vous n’aviez pas les Black Block et les anarchistes dans les jambes. Pas les Black Block c’est sûr, mais on pouvait compter sur les PCC-ML, les En Lutte, les Trotskistes et plusieurs autres groupes très militants, qui se faisaient un devoir de ne rien organiser par eux-mêmes, mais d’infiltrer tous les événements organisés par d’autres.

Bien sûr, il y a bien quelques différences importantes entre 1975 et 2012. TVA n’avait pas d’hélicoptère et les chaînes d’information continue n’existaient pas. C’est dire que nos leaders étudiants ne se voyaient pas, du jour au lendemain, élevés au rang de héros de la nation, par un Guy A. Lepage à Tout le monde en parle ou un Louis Lemieux à RDI. Ah oui, j’oubliais, nous manifestions à visage découvert, sans arme d’assaut, sans soutien financier des centrales syndicales et sans l’appui militant de nos enseignants.

Là où ça se rejoint, par contre, c’est que dans l’année qui a suivi, le Parti québécois a remporté les élections, renversant les Libéraux et a fait adopter la Loi 101 qui, depuis ce jour, protège la langue française au Québec. Une victoire sur toute la ligne.


Normand de Montigny

« Entreprendre, encore et toujours »














jeudi 24 octobre 2013

Lampedusa, récif de l’espoir

  
Le 3 octobre dernier, Lampedusa revenait dans l’actualité. Une fois de plus, cette petite île au large de la Sicile, se voyait le théâtre d’un autre drame humain. Ce sont 366 migrants qui ont perdu la vie, lorsque leur frêle embarcation a chaviré en pleine Méditerranée.

Les passagers avaient quitté leur pays natal, pour la plupart en Afrique de l’Est, pour tenter de refaire leur vie, d’améliorer leur condition, dans un pays d’Europe, qui voudrait bien les accueillir.

C’est le propre de tout individu, de tout parent, de vouloir améliorer son sort et celui de ses enfants. C’est mû par une telle motivation, que de tout temps, les migrants ont choisi de tout laisser derrière et de foncer vers une nouvelle vie, vers l’inconnu.

Le courage dont ils font preuve est, à mon avis, à classer dans la même catégorie que celui de Christophe Colomb, en 1492, ou des pompiers de New-York, le matin du 11 septembre 2001.

Bien sûr, comme tout le monde, le 3 octobre dernier, j’ai pensé à l’exploitation de ces migrants par des passeurs crapuleux, aux lois d’immigration pas assez ou trop restrictives, c’est selon. Mais, j’ai surtout pensé à tous ces drames humains individuels qui se sont joués cette nuit-là. Chacun mériterait sans doute qu’on en tire un livre ou un film, un peu comme l’Histoire de Pi. Cette nuit-là, le rêve et l’espoir de centaines de familles se sont brisés sur le récif de Lampedusa.

Warren Buffet, financier à succès, déclarait dans une récente entrevue, accorder une bonne partie de sa réussite à la chance. Et au premier rang de cette chance, celle d’être né aux Etats-Unis. Ça m’a amené à tenter de me projeter : quelle serait ma vie quotidienne aujourd’hui si j’étais né en Érythrée, plutôt qu’au Canada ? Est-ce que j’aurais, moi aussi, entrepris un voyage périlleux sur une frêle embarcation ?

Ces jours-ci, en France, on discute beaucoup (c’est le propre des Français) du Droit du sol et du Droit du sang. Si un de vos parents est Français, dès votre naissance, vous devenez citoyen français. C’est le Droit du sang. Si vous naissez en territoire français, mais qu’aucun de vos parents n’a la citoyenneté française, vous devenez citoyen français en vertu du Droit du sol. Je simplifie.

J’ai poussé ma réflexion un peu plus loin en voulant intégrer la notion de droit de propriété, sur un territoire national ou sur un terrain privé. Est-ce que le fait de conquérir un territoire par la force des armes (c’est le cas de la quasi-totalité des pays dans le monde) confère au peuple conquérant, un droit de propriété sur le territoire national ? Et question en découlant : Est-ce qu’un tel droit de propriété, s’il en est un, confère le droit d’en refuser l’accès à des immigrants ?

Pour plusieurs, ce n’est que récemment que nous avons compris que si nous sommes propriétaire d’un terrain privé, sur lequel est construite notre maison, en fait ce n’est qu’une mince couche de terre en surface qui nous appartient. Tout ce qui est en dessous et ce jusqu’au centre de la Terre, est du domaine public. Le gouvernement peut en disposer comme il veut, notamment en accordant des droits miniers.

Comme vous voyez, la notion de droit de propriété est très relative. Il faut plutôt parler de droit d’occupation d’un territoire.

Certains pays ont une densité de population très élevée, c’est le cas du Bangladesh avec 1083 habitants au kilomètre carré, comparativement au Canada avec 3.

Au cours des prochaines années, les conflits politiques, les guerres, les enjeux environnementaux et le désir d’améliorer son sort pousseront, à de nouveaux sommets, les flux migratoires. Serons-nous accueillants ? Je ne m’attarderai pas ici sur la nécessité d’intégration des nouveaux arrivants et sur les impératifs de protéger notre culture ; c’est un autre sujet.

Je reviens à mon embarcation du début. Il m’est d’avis que les 7 168 386 541 habitants que compte notre planète ce matin, sont passagers d’un seul et même bateau. Certains, il est vrai, voyagent en cabine luxueuse, tandis que d’autres sont confinés à la cale et aspirent à une meilleure situation.

La façon dont nous répondrons à ces aspirations légitimes sera déterminante quant au devenir de l’humanité.


Au plaisir de lire vos commentaires.

Normand de Montigny

« Entreprendre, encore et toujours »